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Le supplice des gays irakiens

mercredi 19 août 2009, par Jean-Luc Levenes


Le supplice des gays irakiens

Libertés. L’association Human Rights Watch met en cause les autorités.

Des centaines d’hommes présumés homosexuels ont été enlevés, torturés et tués depuis le début de l’année par des milices religieuses à Bagdad, selon Human Rights Watch (HRW). Un rapport de l’organisation non-gouvernementale, intitulé « Ils veulent nous exterminer : meurtre, torture, orientation sexuelle en Irak », dénonce l’existence d’une campagne coordonnée et violente dirigée contre la communauté gay d’Irak. Le document met en cause les autorités qui ne feraient rien pour prévenir les violences ou poursuivre les auteurs des exactions. Se basant sur de nombreux témoignages d’hommes ayant été victimes ou témoins des violences, HRW affirme même que des membres des forces de sécurité ont plusieurs fois pris part à ces exécutions. Le ministre irakien de l’Intérieur a déclaré que ces accusations concernant l’implication de forces de police devaient être accompagnées de preuves.

Les violences et les crimes antigay restent principalement concentrés dans la capitale et dans le quartier de Sadr City, indique le rapport, mais ils se développent partout dans le pays, comme à Kirkouk, Najaf ou Bassora. « Les meurtres sont commis en toute impunité. Dans le but de dissuader, les corps sont jetés dans les ordures ou pendus dans les rues en avertissement », décrit HRW. Les témoignages font état d’une véritable mise en scène : « Quatre hommes armés ont fait irruption dans la maison des parents de mon compagnon, vêtus de noir et masqués. Ils ont appelé son nom, l’ont insulté en face de ses parents puis l’ont emmené […]. Il a été trouvé dans le quartier le lendemain. Ils avaient jeté son cadavre aux ordures. Ses parties génitales avaient été coupées et une partie de sa gorge était arrachée », raconte un anonyme.

Avant de les tuer, les milices interrogent et brutalisent les hommes suspectés de « comportement anti-islamiques » afin qu’ils dénoncent d’autres cibles potentielles. Aucune loi irakienne n’interdit explicitement l’homosexualité, mais HRW constate que ce climat de terreur force les homosexuels irakiens à quitter leur pays pour rejoindre l’Egypte ou la Turquie.

Les milices chiites de Moqtada al-Sadr sont désignées par le rapport comme les principales responsables de ce « nettoyage social », mais des opérations antigay seraient aussi menées par d’autres groupes extrémistes chiites. Pour Scott Long, auteur du rapport et directeur du programme sur les droits des lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels (LGBT) de HRW, « le développement de ces violences résulte d’une volonté d’entretenir un climat de terreur afin de faire respecter des valeurs morales strictes sur fond d’opportunisme politique ». Selon lui, l’Armée du Mehdi de Moqtada al-Sadr, affaiblie depuis qu’elle a déposé les armes en 2008, cherche à occuper le devant de la scène en se présentant aux yeux de l’opinion comme un « gardien de la morale ». A propos de la participation de la police, l’humanitaire confie : « Nous ne savons pas à quel point ces actions sont organisées et coordonnées, ce qui est sûr, c’est que plusieurs témoignages corroborent cette version des faits. » origine liberation.fr

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