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Journée du Souvenir 2007

dimanche 29 avril 2007, par Benoit A


Dimanche 29 avril 2007, en milieu de matinée, au monument aux morts de Nice,

Nous étions un peu plus d’une vingtaine à nous être réunis à l’appel du Mémorial de la Déportation homosexuelle (MDH) et du CADOS (Collectif azuréen pour la défense des orientations sexuelles).

Une seconde cérémonie, à la suite des commémorations annuelles de la déportation, a en effet été organisée pour honorer le souvenir des oubliés de la mémoire, ces victimes de la barbarie nazie qui n’ont toujours pas droit de cité dans les cérémonies "officielles".

Dans son discours, Vincent, le représentant local du MDH, a rappelé la reconnaissance explicite et unanime de la déportation pour motif d’homosexualité par les plus hautes autorités de l’Etat Français (le Premier ministre Lionel Jospin, en 2001, puis le Président de la République Jacques Chirac, en 2005)et internationales (présence du triangle rose aux mémoriaux de Berlin et Jérusalem).

Il a aussi condamné la regrettable position des associations niçoises organisatrices des cérémonies officielles qui refusent l’intégration du MDH dans leur collectif, malgré les tentatives de dialogue et le souhait exprimé d’unité.

Enfin il a souhaité associer à notre hommage l’ensemble des victimes reconnues comme oubliées en égrenant la liste des motifs de déportation : apatrides (triangle bleu), asociaux incluant les lesbiennes (triangle noir), homosexuels masculins (triangle rose), juifs (étoile jaune), politiques (triangle rouge), témoin de Jéhova (triangle violet), tziganes (triangle marron) et droit commun (triangle vert).

L’assemblée se composait essentiellement de militants associatifs LGBT (CADOS, AGLAE, ADN), et de trois élus socialistes niçois : Patrick ALLEMAND, Premier-vice Président du Conseil Régional PACA, Conseiller général 06 et Premier secrétaire de la Fédération socialiste des Alpes- Maritimes, Marc CONCAS, Conseiller général 06 et Frédérique GREGOIRE-CONCAS, Conseillère municipale de Nice.

Suivant le discours, une gerbe d’oeillets formant un triangle rose a été déposée au pied du majestueux monument, suivie d’une minute de silence. Après quoi Brice, jeune chanteur professionnel et président de l’association Rimbaud 06, a entonné a capella le "Nuit et Brouillard" de Jean Ferrat [1]

Cette digne et émouvante cérémonie s’est conclue par un joli moment inattendu. Marcelle, ancienne déportée, restée discrétement présente sur le parvis, a tenu à remercier Brice pour son interprétation. Portant agraffés sur sa robe les numéros maudits de sa persécution, elle a très simplement appelé la jeunesse à reprendre le flambeau d’une mémoire risquant de disparaître avec les derniers survivants.

Une belle leçon pour tous.

Portfolio

Documents joints

Notes

[1] Nuit et brouillard (paroles et musique de Jean Ferrat)

Ils étaient vingt et cent, ils étaient des milliers
Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés
Qui déchiraient la nuit de leurs ongles battants
Ils étaient des milliers, ils étaient vingt et cent

Ils se croyaient des hommes, n’étaient plus que des nombres
Depuis longtemps leurs dés avaient été jetés
Dès que la main retombe il ne reste qu’une ombre
Ils ne devaient jamais plus revoir un été

La fuite monotone et sans hâte du temps
Survivre encore un jour, une heure, obstinément
Combien de tours de roues, d’arrêts et de départs
Qui n’en finissent pas de distiller l’espoir

Ils s’appelaient Jean-Pierre, Natacha ou Samuel
Certains priaient Jésus, Jéhovah ou Vichnou
D’autres ne priaient pas, mais qu’importe le ciel
Ils voulaient simplement ne plus vivre à genoux

Ils n’arrivaient pas tous à la fin du voyage
Ceux qui sont revenus peuvent-ils être heureux
Ils essaient d’oublier, étonnés qu’à leur âge
Les veines de leurs bras soient devenues si bleues

Les Allemands guettaient du haut des miradors
La lune se taisait comme vous vous taisiez
En regardant au loin, en regardant dehors
Votre chair était tendre à leurs chiens policiers

On me dit à présent que ces mots n’ont plus cours
Qu’il vaut mieux ne chanter que des chansons d’amour
Que le sang sèche vite en entrant dans l’histoire
Et qu’il ne sert à rien de prendre une guitare

Mais qui donc est de taille à pouvoir m’arrêter ?
L’ombre s’est faite humaine, aujourd’hui c’est l’été
Je twisterais les mots s’il fallait les twister
Pour qu’un jour les enfants sachent qui vous étiez

Vous étiez vingt et cent, vous étiez des milliers
Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés
Qui déchiriez la nuit de vos ongles battants
Vous étiez des milliers, vous étiez vingt et cent

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